2014-15-16 - Colombie, Tout

Qui l’eu crue?

Quelques jours après le passage des ouragans, en pleine période des pluies, doublée de phénomène de la niña (plus de pluies !) je pars dans ma cabane du bout du monde dans la Sierra Nevada, pour laquelle il faut traverser un fleuve de montagne (sans pont) sur bien 100 mètres pour y arriver. A peine arrivé Diego et moi sommes prévenu par l’ami/voisin Edison, « cette après-midi vous ne  passerez pas, la rivière est trop haute », on dort chez lui et traverse le lendemain traverse avec nos valises et provisions, de l’eau assez marron jusqu’au début des côtes. Avec l’aide d’Edison et d’un voisin, tout roule, les bancs de sable sont là où il faut, cool, et une main ferme dans les passages les plus complexes.

rioPuis il faut repartir avec nos valises et là il n’y a personne pour nous aider, parce que les amis sont sous des litres d’eau depuis 8h du mat plus en aval du fleuve. Dans ma cabane, il n’a pas plus de toute la nuit, il a même fait beau le matin et on s’est délecté de longues baignades dans la partie « piscine » de la rivière. Sauf qu’avec des sacs à dos c’est plus la même histoire. Me voilà avec mon petit sac sur la tête, mon courage à deux mains, sure que tout va bien se passer, et Diego me tenant la main. Ok l’eau est vraiment haute, elle m’arrive à la poitrine et le débit du fleuve plus fort aussi. Je sens que je ne vais pas tenir debout plus longtemps et que peu  à peu j’entraine mon partenaire dans ma chute, en face une grosse pierre, je décide de le lâcher et sauter sur la pierre. Bad idea !! Aucune prise et plus de courant forcément, me voilà embarquée par la rivière mon sac (ordi, téléphone….) dans l’eau accroché à mon cou. Mon objectif rejoindre la rive vite avant les rapides, je nage sans réfléchir à rien. Puis le bras de Diego qui m’a rejoint me tire en arrière « qu’est ce qu’il fait…je dois rejoindre la rive ! ». Et je l’entends me crier « mets-toi debout tu as pied ! » A ben oui j’ai pied, le passage profond est passé….la quiche. Entre temps un pêcheur passant par-là vient à notre aide, et on passe avec les gros sacs inclus et pendant ce temps il s’est mis à pleuvoir.

On est de l’autre côté, trempé, content. Mais il reste une heure de marche. On demande à une autre voisin de nous héberger pour nous changer et attendre que la pluie passe. Hébergement sommaire sous 4 bambous et un toit en plastique, en prime le thermos de café du voisin. Sauf que la pluie ne passe pas du tout, au contraire elle redouble à chaque minute, tonnerre, éclair, la terre tremble et là-haut le robinet est ouvert à son max. Cinquième averse chaque fois plus forte et ça continu et celle-là ne s’arrête plus. Ça fait trois heures que l’on attend ça devient long. Des rivières sauvages se forment par tout autour de nous. Chose assez drôle, sous un autre toit en paille le voisin préparer à manger comme si de rien était en passant le balai pour faire sortir l’eau de temps à autre. Enfin comme si de rien était jusqu’à un certain moment, car lui  non plus n’a jamais vu autant d’eau, le fleuve commence à monter dangereusement, et dernière nous au loin il y a une falaise de roche de peut-être 400 mètres de haut de laquelle littéralement coulent 4 rivières/cascades. Notre vue est limitée par le brouillard et la pluie, ça commence à devenir angoissant, je ne tiens plus en place. J’ai envie d’aller aux toilettes qui sont une dizaine de mètres plus loin et là je suis retenue par le toit qui est rempli d’eau et qui va littéralement s’effondrer si l’on agit pas, les bambous commence à craquer,  on sort des dizaines de litres d’eau. Et là arrive un bruit sourd, un bruit qui n’est ni le tonnerre, ni la rivière, ni la pluie, un bruit qui sent le danger. Le temps de comprendre d’où ça vient, une avalanche de boue, de troncs et de pierre, nous arrive dessus, plus haut, beaucoup plus haut dans la montagne quelque chose c’est rompu. L’avance nous arrive dessus, et change son cours après être passé sur les toilettes. Elle passe à 4 mètres de nous et coule, coule, coule. Je suis paniquée, je veux partir, mais à juste titre Diego me dit « mais tu veux aller où ? », des rivières de tous les côtés, une forêt profonde derrière la butte (qui finalement nous protège) et en face la rivière en crue. N’empêche que je meure de peur, je sens que je pourrais comme les poules pourchassées par les chiens, mourir littéralement de crise cardiaque de peur. Mes compagnons de fortunes sont calmes, ça aide, alors je me calme, et la pluie aussi se calme, et le bruit aussi. C’est fini, l’orage est passé. Je sens que je recommence à respirer, aussi je me rends compte que mes mains tremblent. Et là le vieux qui préparer à manger, nous invite à nous assoir, et à manger la soupe locale.

6bava1En repart, éboulis et rivières improvisée sont de la partie sur tout le chemin, certaines jusqu’aux mollets. Stop rapide pour prévenir Edison que l’on est vivant mais que l’on part. On attend le bus, on regarde la montagne et on ne voit qu’un énorme nuage noir de pluie. Il se met à pleuvoir de nouveau. Nous on arrive à  Santa Marta, est sur la terrasse sur les toits avec piscine on prend une gigantesque bière. La Colombie c’est tout ou tout.

 

 

guachacaLe lendemain je lirais les désastres de la crue du siècle dans la presse, les maisons en aval emportée ou avec 1,5 mètre d’eau, mon ami Edison me dira que l’eau est arrivée dans sa cuisine. Quand à ma maison 6 jours plus tard, je ne sais toujours pas si elle est sur pied, car la pluie ne s’est pas vraiment arrêtée et personne n’a pu traverser la rivière pour aller voir.

Je suis reconnaissante qu’il ne nous soit rien arrivés, mais aussi de ne pas avoir été seule là-bas à ce moment-là.

Photos de internet car moi je n’avais pas la tête au reportage photographique.

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Une réponse à “Qui l’eu crue?”

  1. Le 8 décembre 2020 à 21:09 Fontaine a répondu avec... #

    Prends soin de toi! J’espère que tout ira bien au retour! Bisous

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